Véritable phénomène du début des années 1990 la Start-up était vite devenue une « Start-down » et certains trouvant le terme péjoratif, n’utilisaient plus que « entreprise du net ».
Depuis deux / trois années, les start-ups font leur grand retour et l’on parle désormais « d’entreprises innovantes » pour présenter ces entreprises à fort potentiel de croissance. Pour la première fois même, le gouvernement s’était doté d’une Ministre de l’Innovation et de l’Economie numérique, Fleur Pellerin.
L’Atlas des Start-ups Françaises premier du genre, était l’endroit rêvé pour qu’un professionnel de l’Expertise Comptable, véritable accompagnant et partenaire de la Start-up puisse délivrer des conseils précieux.
Nous verrons dans un premier temps comment définir une Start-up, puis nous qualifierons les points clefs de la création et de la gestion de cette entreprise innovante en abordant les problématiques :

  • du choix du statut,
  • des prévisionnels, des business plan, des tableaux de bord et du pilotage,
  • des modes de rémunération,
  • des aides fiscales,
  • de la valorisation de l’immatériel,
  • de la levée des fonds.

Nous commencerons d’abord par une brève présentation du groupe d’expertise-comptable Emargence et de l’utilité de choisir un Expert-Comptable…. Et le bon !

I. L’Expert-Comptable et le groupe Emargence

La Start-up nait souvent au départ d’une idée et de peu d’argent…. Les « Startuppers » sont souvent des « hommo-économicus ». De fait ils vont rarement voir un expert-comptable tant avant leur projet que pendant sa création puis par la suite pour les accompagner.
Lorsque l’entrepreneur va enfin voir l’Expert-Comptable, il est déjà trop tard : contrôle fiscal, contrôle Urssaf, premier bilan à faire…. Et c’est parfois la catastrophe !
Mais c’est quoi au juste un Expert-Comptable ? Est-ce obligatoire ? Comment peut-il aider l’entrepreneur ? Comment le choisir ?
Un Expert-Comptable n’est jamais obligatoire. Pourtant, qui d’autre que lui peut vous assurer le contrôle et la maitrise de la fiscalité, de la comptabilité, du droit social et de l’accompagnement au quotidien de votre entreprise. Homme de terrain, il saura mettre à profit ce qu’il a observé chez ses autres clients. Il est l’Homme de production de l’information (création de l’entreprise, établissement de prévisionnels, évaluations) et non l’Homme d’enregistrement des écritures comptables. Il est donc dommage de le considérer comme une dépense alors qu’il s’agit d’un investissement.
C’est justement parce que c’est un Homme de terrain que pour le choisir vous devez connaitre sur quel « terrain » il exerce le plus souvent et sera à même de bien vous accompagner.
Il y a 15 ans, Eric Hainaut a créé le cabinet d’expertise comptable Com’Com et en a fait le leader des secteurs Culture & Média, pour ensuite l’intégrer au Groupe Emargence.
Avec ses participations à des Master class à la pépinière Créatis, au Fabfest de la Gaité Lyrique ou au Celsa Sorbonne sur « la valeur de l’immatériel », « quel statut choisir pour créer son entreprise », « les modes de rémunération » ou ses nombreuses fiches pratiques (sur www.comcom.fr) et un important mémo sur le Crowdfunding, Emargence connait bien le terrain et les particularités des Start-up.
Mais au fait, c’est quoi une Start-up ?

II. Définition de la Start-Up

Selon Wikipedia, « la Start-up est une jeune entreprise à fort potentiel de croissance et qui fait la plupart du temps, l’objet de levée de fonds. On parle également de Start-up pour des entreprises en construction qui ne sont pas encore lancées sur le marché commercial. La Start-up est en phase plus ou moins longue de développement d’un produit, de test d’une idée, de validation d’une technologie ou d’un modèle économique ».
Dans leur définition, le magazine « Les Echos » nous apprend qu’ « une Start-up est une entreprise qui vient d’être lancée par ses dirigeants et ses actionnaires. Elle n’a pas de passé, ni probablement d’actifs corporels importants et évolue souvent dans un environnement technologique très mouvant. Enfin, ses flux de trésorerie disponibles sont négatifs pour quelques temps : son niveau de risque spécifique est donc très élevé ce qui explique qu’elle n’a pas d’autre choix que de se financer par ses capitaux propres ».
Si la première définition est plus technique, la seconde est plus économique : c’est justement par la forme qui lui est choisi que la Start-up trouve son financement.

III. Le choix de la forme pour créer une Start-up

SAS diront les uns, SARL clameront les autres….. En fait ils ont raison et tort tous les deux !
Si les deux formes ne nécessitent chacune qu’un minimum de 2 associés (ou un seul pour l’EURL et la SASU) et pas de capital minimum, elles diffèrent sur deux points plus qu’essentiels :

  • Les statuts de la SARL sont très rigides mais faciles à rédiger (comptez 1000 euros HT par un Expert-Comptable). Au niveau social, le dirigeant majoritaire (un Gérant) payera auprès du RSI (Régime Social des travailleurs Indépendants) environ 45% de charges sociales avec un minimum de 4000 euros par an même en l’absence de rémunération. Si le gérant a moins de 50% du capital il sera alors considéré comme salarié et coutera 75% de charges sociales sur ses rémunérations (ou rien s’il ne se rémunère pas)
  • Les statuts de la SAS sont très souples et l’on y trouve de nombreuses adaptations par rapport au besoin de fonctionnement de l’entreprise. Il est possible également de rédiger un pacte d’actionnaires. De ce fait, comptez 1500 euros HT pour sa création. Quel que soit sa participation, le dirigeant (un Président) sera salarié et coutera soit 75% de charges sociales (si rémunération), soit zéro (pas de rémunération).

Si vous ne prévoyez pas d’investisseur avant un an, préférez la SARL avec un gérant minoritaire. Dans le cas contraire, choisissez la SAS.
Reste à savoir quand créer son entreprise : ni trop tôt ni trop tard !

IV. Les outils de l’entreprise

C’est en travaillant sur les outils de pilotage de l’entreprise que vous percevrez :

  • à quel moment la créer,
  • jusqu’à quand tiendrez-vous en trésorerie,
  • quand pourrez-vous embaucher votre premier salarié,
  • quand prendre des locaux…

Je vous invite à découvrir notre fiche pratique « Création d’entreprise : les conseils d’un expert-comptable pour vous amener au succès ».
Attention avec l’outil Excel : un prévisionnel ce sont un bilan, un compte de résultat, un budget de trésorerie prévisionnel, un tableau de financement. Tous ces tableaux sont liés et à moins d’être un as d’Excel et de la gestion financière, vous n’allez pas savoir en concrétiser les liens financiers.
Il existe plusieurs solutions : se doter d’un outil informatique spécifique, aller sur le site de l’APCE où leur tableau est bien fait ou passer par votre Expert-Comptable qui saura faire plusieurs simulations, apporter son expérience et son jugement. Pour le prix, tout dépend de sa complexité mais à minima la somme de 1000 euros HT semble inéluctable.
Concernant le tableau de bord, il s’agit de publier régulièrement des chiffres clefs (chiffre d’affaires, solde banque, montant des frais fixes, en cours clients ou fournisseurs….) et de les comparer avec le prévisionnel. Cet outil indispensable est un outil d’aide à la prise de décision.
Nous reparlerons du business plan avec la partie concernant la levée de fonds.
Il est temps de savoir si vous pouvez embaucher !

V. L’arrivée du premier employé

Vous ne pouvez plus travailler seul, avez besoin de ressources et votre tableau de bord vous indique que vous pouvez faire travailler un ou plusieurs intervenants pour vous aider.
Vous avez entendu parler de stagiaires, auto-entrepreneurs, honoraires, droits d’auteurs, salaires…. Mais lequel choisir ? La loi autorise-t-elle tous les choix ? Combien coûte chacun de ces modes de rémunération ? Les stagiaires sont-ils toujours possibles ?
Voici les questions que vous devez vous poser pour ne pas commettre d’impair au sens du droit du travail car les Urssaf veillent au grain.
Entre 20% de charges sociales (droits d’auteurs), 45% (honoraires), 75% (salaires) ou bien carrément 0% (stagiaires)…. Le choix est mathématiquement rapide …. Mais juridiquement il en est tout autrement !
Pour optimiser et rester dans la législation nous vous recommandons la lecture de notre fiche pratique sur « les modes de rémunération  ».

VI. Les aides fiscales

Concernant l’allègement des charges sociales pour l’emploi des salariés, il n’existe plus grand chose (apprentis, CICE, abattement Fillion…demeurent).
C’est du côté du fiscal que vous trouverez des aides intéressantes.
Les deux plus importantes concernant les Start-ups sont le Crédit d’Impôt Recherches (CIR) et le Crédit d’Impôt Innovation (CII).
Il n’est pas possible ici de décrire les mécanismes complexes de ces deux crédits d’impôt. Sachez qu’il s’agit de présenter à l’administration des dépenses « éligibles » à la recherche ou à l’innovation et que le montant de vos dépenses donnera lieu, par l’application d’un pourcentage, à la génération d’un crédit d’impôt…. ou d’un remboursement.
Attention, les CIR et les CII entrainent souvent des contrôles fiscaux, il s’agira alors de ne pas se tromper sur les calculs et de vous faire aider par quelques sociétés spécialisées en la matière.
Nous vous recommandons également la lecture de notre fiche pratique « le crédit d’impôt recherche ».
Votre recherche est terminée, votre produit est prêt… il ne reste plus qu’à le faire savoir et le commercialiser. Mais cela demande d’énormes sommes d’argent : il est temps de connaitre combien vaut votre entreprise et de faire rentrer un ou plusieurs investisseurs.

VII. La valeur de l’immatériel dans la Start-up

Les magazines et les émissions TV nous content souvent des success stories de créateurs de Start-ups ayant réussi à vendre leur entreprise plusieurs millions voir milliards…. Mais combien vaut mon entreprise ? Pourquoi « Whatsapp » vaudrait 16 milliards de dollars pour « du vent » alors que « Gucci » n’en vaudrait qu’un milliard pour vendre de la mode, de la maroquinerie et du parfum ?
En fait tout ceci passe par une évaluation de votre entreprise et de l’immatériel que vous avez su créer. Il n’existe pas un moyen légal de valoriser votre entreprise. Il existe en fait de nombreuses méthodes qu’il s’agira de positionner sur un « nuage » pour voir quelles sont les mieux appropriées. Il n’existe pas une valeur de votre entreprise mais une fourchette basse et une fourchette haute.
Les clefs de l’évaluation résident dans le Retour Sur Investissement, le versement de dividendes, le prix de revente des actions et la prise de part de marché.
Ce sont les experts comptables les mieux placés pour réaliser de tels calculs et pour ce faire ils auront besoin d’un prévisionnel mais il faudra beaucoup vous impliquer. Compter de 2000 à 5000 euros HT selon la complexité.
Maintenant vous savez combien est valorisé le fruit de vos nuits blanches et de vos idées…reste à trouver l’acheteur.

VIII. La levée de fonds

Faire venir un investisseur se prépare bien en amont. Ce dernier voudra « des comptes » car il investit pour gagner de l’argent.
Dans ce cas le prévisionnel s’appellera « Business Plan » car vous lui adjoindrez toute une partie « littéraire » sur l’histoire de l’entreprise, vos motivations, votre CV et l’avenir, avant de déboucher sur la partie chiffrée.
Attention vous n’êtes pas seuls à chercher de l’argent ; par conséquent vous serez convainquant et persévérant !
Il faudra, comme pour un entretien d’embauche vous préparer aux questions et aux attaques et savoir répondre à la question capitale : vous m’offrez combien pour cette somme ?
En effet, vous avez votre valorisation, vous avez entre les mains 100% de votre entreprise : combien acceptez-vous d’en vendre ?
Avec moins de 34% vendu, vous gardez la majorité dans les assemblées exceptionnelles (AGE), avec moins de 50% vendu vous gardez la majorité dans les assemblées ordinaires (AGO)… Si vous vendez plus de 66% de vos parts, vous devenez un actionnaire minoritaire qui aura perdu tous ses pouvoirs !
Donc attention à votre choix et n’oubliez pas que dans les capitaux propres il y a le capital social et la prime d’émission.
Ex : Si votre capital fait 5000 euros et votre valorisation fait 2 millions d’euros, si vous faite une augmentation de capital de 50% pour faire entrer un investisseur, nous aurons les résultats suivants :

  • nouveau capital : 5000 / 50% = 10 000 euros,
  • montant de l’apport de l’investisseur : 2 000 000 X 50% = 1 000 000 d’euros,
  • montant de la prime d’émission : 1 000 000 – 5000 (montant du capital souscrit) = 995 000 euros.
  • capitaux propres : 10 000 + 995 000 = 1 005 000 euros donc vous possédez 50% et le tout sans payer d’impôts !

Tous les travaux juridiques pour concrétiser la prise de participation peuvent être réalisés par un expert-comptable ou un avocat. Comptez 1500 à 2500 euros HT selon la complexité.
Il nous faut pour terminer, évoquer le phénomène du Crowdfunding qui vous permettra de trouver de l’argent, souvent dans une moindre proportion, mais qui alimentera le buzz pour le lancement de votre produit et de réaliser un test grandeur nature sur l’intérêt qu’il suscite chez le publique. C’est pour cette raison qu’il doit être, dans la mesure du possible, complémentaire à la venue d’un nouvel actionnaire.
Pour en savoir plus, lire notre Livre Blanc sur le Crowdfunding.
Vous voilà paré pour que votre jeune pousse grimpante, votre bébé, votre rêve…. affronte le monde de l’entreprise. N’oubliez pas plusieurs principes fondamentaux de la réussite :

  • s’entourer des bonnes personnes et ne pas tenter de faire tout, tout seul, pour économiser,
  • il vaut mieux être seul que mal accompagné : ne prenez pas d’associé pour le plaisir, ils doivent avoir un intérêt et ils créeront la synergie nécessaire à l’entreprise,
  • il vaut mieux avoir une petite part d’un gros gâteau que de vouloir tout le gâteau : certains, à trop refuser des investisseurs, meurent par manque de financement mais avec une super idée,
  • vivez l’ouverture et ne vous enfermez pas dans votre bocal : savoir écouter les autres, accepter les critiques, reconnaitre les échecs et arrêter lorsqu’il en est encore temps.

Vous partagerez ce dernier point avec votre Expert-Comptable.
 

Eric Hainaut, Expert-Comptable et Commissaire aux ComptesEric Hainaut

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Pour en apprendre plus sur les Start-Ups, consultez l’Atlas des Start-Ups, en partenariat avec CCI de France, Soon Soon Soon et 1001startups.