Dans un récent avis, l’Anses rappelle que certains téléphones mobiles fabriqués avant juin 2017 peuvent atteindre un niveau d’émission d’ondes qui pourrait être nocif à long terme.

Afin de limiter les risques que l’utilisation d’un téléphone mobile ou d’un smartphone fait peser sur la santé de ses utilisateurs, sa puissance est encadrée. Cette dernière ne doit pas dépasser un seuil que l’on appelle le débit d’absorption spécifique (DAS) et que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) définit comme « la quantité d’énergie absorbée par le corps exposé à des ondes électromagnétiques radiofréquences ». Ce DAS maximum est fixé à 2 watts par kilogramme à 5 millimètres du visage ou du tronc.

Un changement de distance

Or, si la norme des 2 W/kg est resté inchangée, la distance à laquelle le DAS doit être mesuré a été fixée à 5 mm suite à l’entrée en vigueur d’une directive européenne de 2016. Auparavant, les fabricants qui disposaient d’une plus grande latitude (entre 0 et 25 mm) avaient pour habitude d’effectuer ces mesures à une distance de 15 mm. Et c’est là que le bât blesse, car ces téléphones, bien que conformes à l’ancienne règlementation, présentent des DAS, lorsqu’ils sont mis près du corps, quelquefois très supérieurs aux 2 W/kg réglementaires. Et, note l’Anses, « un grand nombre de ces téléphones sont toujours utilisés ». Compte tenu des délais d’entrée en application de la directive, les téléphone mobiles produits avant juin 2017 sont potentiellement concernés.

Quels risques ?

Sollicitée pour identifier « d’éventuels effets biologiques ou sanitaires liés spécifiquement à des expositions à des DAS supérieurs à 2 W/kg », l’Anses a examiné plusieurs études récentes sur le sujet réalisées sur des animaux et des cultures cellulaires. « Les résultats de l’expertise mettent en évidence, avec des éléments de preuve limités, des effets biologiques sur l’activité cérébrale liés à des expositions supérieures à 2 W/kg, mais ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’effets sur d’autres fonctions biologiques spécifiquement associées à de telles expositions au niveau du tronc ».

En raison des « incertitudes qui subsistent sur les éventuels effets sanitaires à long terme en lien avec les ondes émises par les téléphones », l’Anses recommande que des mesures soient prises par les fabricants (mise à jour, rappel des appareils) afin de limiter le niveau d’émission de leurs anciens modèles toujours en activité. En outre, l’Agence plaide pour un nouveau durcissement de la norme qui imposera non plus de mesurer le DAS à 5 mm du corps mais à son contact. Enfin, l’Anses invite les utilisateurs à réduire le contact physique avec leur téléphone mobile en évitant de le garder dans les poches et en utilisant des kits mains libres filaires avant d’engager une longue conversation téléphonique.