Nous en cauchemardions….Ils l’ont fait !
Par Serge Anouchian

« Travail répétitif caractérisé par la réalisation de travaux impliquant l’exécution de mouvements répétés, sollicitant tout ou partie du membre supérieur,[1] à une fréquence élevée et sous cadence contrainte ».

 Qu’est-ce ?

Le pitch d’un nouveau film pornographique ?
Le commentaire désabusé d’un piéton qui fréquenterait trop ardemment les allées du bois de Boulogne ?
Vous n’y êtes pas !
C’est l’un des 10 facteurs de risques professionnels susceptibles d’alimenter le compte pénibilité !
Bien sûr il fallait absolument définir des seuils !
Il faut donc que ces temps de cycle soient inférieurs ou égal à 30 secondes mais attention, avec 15 actions techniques ou plus !
Si par contre les temps de cycle sont supérieures à 30 secondes, s’ils sont variables ou s’il n’y a pas vraiment de temps de cycle, alors il faut que l’intensité minimale soit de 30 actions techniques ou plus par minute !!!
Au total, la durée minimale doit être de 900 heures par an [2].
Le seuil de déclenchement total étant fixé à 900 heures, soit 3 240 000 secondes durant lesquelles il faudra exécuter à minima plus de 100 000 actions techniques soit en moyenne plus de 300 par jour !
Qui va surveiller ? Qui va compter ? Comment vont se résoudre les litiges ?
Faut-il pleurer ? Faut-il en rire ?[3]

Qu’avons-nous fait pour mériter de telles législations et de tels législateurs ?

Comment imaginer encourager les employeurs à embaucher en accumulant sur leur tête des contraintes aussi débiles qu’incompréhensibles ?
Quand mettra-t-on en place un compte pénibilité pour les chefs d’entreprise qui doivent endurer la profusion de textes inefficaces et qui, bien au-delà de leur vacuité, les empêchent de se consacrer pleinement à leur objectif premier de développer leur chiffre d’affaires ?
Au moment même où l’on nous annonce de tous côtés de grande simplification, au moment même où à l’approche d’une campagne électorale où les promesses vont pleuvoir de tous côtés, la réalité quotidienne du chef d’entreprise et de ses conseils va dans le sens inverse, modifiant chaque jour un peu plus un périmètre déjà mal délimité, augmentant ainsi l’instabilité et donc l’insécurité.
Exactement tous les ingrédients qu’il faut pour décourager l’esprit d’entreprendre !
Parfois, on a presque envie de  dire à nos gouvernants : « s’il vous plaît, ne faites plus rien ! »
Et si pour lutter efficacement contre la pénibilité, on renvoyait les auteurs de ces textes à leurs chères études !
Mais j’ai sûrement fait un cauchemar, une telle accumulation d’idiotie ne peut pas exister dans un pays comme le nôtre qui a déjà largement démontré son esprit de fronde.
Je vais surement me réveiller.

Serge Anouchian animera plusieurs ateliers à la rentrée 2016 :

Il a par ailleurs piloté le dernier numéro de la Revue Actes Pratiques & Stratégie Patrimoniale sur « Le loueur en meublé professionnel »


[1] Surligné par moi-même
[2] Tout lecteur normalement constitué doit se dire que j’ai exagéré de substances hallucinogènes, hélas ils peuvent vérifier par eux-mêmes la parution de ce tableau de seuils d’exposition aux facteurs de risques professionnels du compte pénibilité !
[3] Pardon de paraphraser une magnifique chanson de Jean FERRAT !